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Un investissement fédéral dans les infrastructures de santé est nécessaire pour établir les bases solides à une approche pancanadienne en matière de soins de santé.
La pandémie du COVID-19 a mis en lumière les graves faiblesses, défaillances et disparités de notre système de santé canadien. Cependant, la crise du COVID-19 nous a également éclairé sur la meilleure façon de reconstruire ce système et répondre aux défis actuels et à venir. Ce mercredi, le discours du Trône sera pour le gouvernement fédéral l’occasion d’accroître son soutien aux infrastructures des soins de santé, un soutien qui aura des répercussions importantes, positives et durables sur la santé des Canadiens.
Face au manque de leadership et de soutien du gouvernement fédéral en matière de santé et de recherche en santé, les réseaux et systèmes de soins de santé sont devenus désuets, disjoints et, comme le montre le COVID-19, inefficaces dans les situations de crise. Alors que d’autres pays se sont mobilisés pour produire des données nationales permettant de suivre l’évolution en temps réel de la pandémie, le Canada a pris du retard. Financer les infrastructures, améliorer les plates-formes de santé numériques et renforcer la cybersécurité permettront à notre système de santé de répondre aux urgences de manière efficace.
Les membres de SoinsSantéCAN estiment que la création d’un réseau national de santé numérique, soutenu par de solides systèmes de cybersécurité, est une priorité nationale. Ce réseau permettrait aux praticiens, aux dirigeants des services de santé et aux chercheurs de partager des informations essentielles telles que les découvertes, les pénuries de médicaments et d’équipement, et les informations sur les patients tout au long du continuum de soins et au-delà des frontières provinciales et territoriales. En produisant et en partageant ces données en temps réel, les ressources pourraient être envoyées là où le besoin est plus pressant. Un tel réseau permettrait aussi aux dirigeants de tenir le gouvernement fédéral informé des derniers indicateurs nationaux en lien avec la santé.
Bien entendu, ce réseau de santé numérique nécessite des systèmes de cybersécurité solides pour protéger les données précieuses qu’ils hébergent. Un projet pilote actuellement en cours à Eastern Health (Terre-Neuve-et-Labrador) est un excellent exemple de programme qui pourrait être étendu à l’échelle nationale pour s’attaquer à ce problème. Un investissement fédéral de 750 millions de dollars sur cinq ans, permettrait d’élargir ce projet pilote et de créer 15 « centres d’excellence» régionaux à travers le pays, renforçant considérablement la cybersécurité dans les soins de santé.
Cela étant, la santé numérique ne constitue à elle seule qu’une partie de l’équation. Le système de santé canadiens était déjà mal en point au début de la pandémie de par ses infrastructures délabrées, ses installations sous-financées et son personnel surchargé. Les héros qui combattent en première ligne pour la santé de notre pays luttent toujours les poings liés contre le COVID-19.
Un grand nombre d’infrastructures hospitalières du Canada ont dépassé leur durée de service initialement prévue. Les collectivités du pays entier doivent pouvoir compter sur des installations désuètes qui ne sont ni résistantes aux risques climatiques, ni écoénergétiques. Les établissements de soins de santé font partie des infrastructures publiques les plus anciennes en usage aujourd’hui, près de la moitié des établissements ayant plus de 50 ans.
Investir dans nos infrastructures de soins de santé vieillissantes, y compris les laboratoires et installations de recherche des hôpitaux et les établissements de soins de longue durée, permettra d’améliorer la qualité des soins et de mieux lutter contre les infections, de réduire les temps d’attente et de renforcer les capacités opérationnelles d’urgence de notre système. Les chambres d’hôpitaux pourraient être construites à des fins multiples pour garantir leur utilisation optimum. Les laboratoires de recherche pourraient être améliorés pour attirer et retenir les meilleurs talents, ce qui permettrait au Canada de rester compétitif et novateur. Améliorer la construction des installations en gardant à l’esprit notre « nouvelle normalité », autorisant la distanciation physique et les autres mesures de sécurité, permettra d’assurer la sécurité des patients et des visiteurs.
Depuis longtemps les politiques tergiversent ad nauseum sur la responsabilité provinciale dont dépendraient les soins de santé. La juridiction politique est de peu d’importance pour un patient atteint de COVID branché à un respirateur, pour un résident en soins de longue durée, ou pour une personne qui attend dans la souffrance une chirurgie de la hanche. Le gouvernement fédéral doit investir dans l’infrastructure des soins de santé de toute urgence et le Programme canadien d’aide à la construction d’hôpitaux et le Fonds des ressources en santé de 1966 prouvent qu’il en est capable. Bien que le discours du Trône de mercredi ne puisse pas résoudre tous les problèmes auxquels est confronté le système de soins de santé du Canada, il peut tracer une voie nouvelle et durable pour les soins de santé et adapté aux besoins des Canadiens. N’est-ce pas là tout le sens du leadership politique ?
Paul-Émile Cloutier,
Président et chef de la direction SoinsSantéCAN


