SoinsSantéCAN salue les efforts déployés par Santé Canada pour moderniser le cadre réglementaire des essais cliniques au Canada et est reconnaissant de l’occasion qui lui est offerte de formuler des observations. SoinsSantéCAN est le porte-parole national des hôpitaux, des autorités sanitaires, des instituts de recherche en santé et des organisations de soins de santé du Canada. Les membres de SoinsSantéCAN jouent un rôle central dans la réalisation des essais cliniques au Canada. C’est au sein de leurs établissements que les essais sont amorcés, que les patients sont identifiés et inscrits, que les produits expérimentaux sont administrés et que la surveillance de l’éthique, de la sécurité, de la pharmacie, des données et du fonctionnement opérationnel est assurée. Par conséquent, la capacité du cadre proposé à faciliter la réalisation efficace des essais ou, au contraire, à accroître la complexité sur le terrain a une incidence directe sur les membres de SoinsSantéCAN.
Les membres de SoinsSantéCAN reconnaissent l’importance de moderniser le cadre réglementaire des essais cliniques au Canada. Parallèlement, ils demeurent préoccupés par le fait que les mesures envisagées pourraient ne pas alléger suffisamment le fardeau réglementaire et, dans certains domaines, créer de nouvelles incertitudes. SoinsSantéCAN appuie les principales recommandations formulées par RareKids-CAN/SickKids, notamment la nécessité de réduire le fardeau net, d’améliorer la prévisibilité, de maintenir des parcours plus clairs et proportionnés aux risques pour les études à faible risque, et de remédier à la fragmentation continue entre les différents types de produits.
Les membres ont souligné que ces pressions se font le plus vivement sentir au moment même de l’exécution des essais. Les hôpitaux, les instituts de recherche, les cliniciens et les équipes d’essai doivent composer avec les exigences opérationnelles, juridiques, pharmaceutiques, diagnostiques, de gestion de données et de main-d’œuvre liées aux essais cliniques, souvent dans des milieux de soins déjà surchargés. Ils ont également noté que la proposition ne reflète pas adéquatement la réalité des essais menés en milieu universitaire et hospitalier, notamment les études conçues pour répondre à des questions cruciales pour les patients et les systèmes de santé en marge des circuits d’homologation commerciale.
Les membres ont par ailleurs souligné que l’absence de traitement proportionné pour les études à faible risque peut alourdir la tâche des établissements et des cliniciens, et nuire aux patients en multipliant les démarches complexes, les visites et les retards d’accès. Ces pressions soulèvent en outre d’importants enjeux d’équité : les établissements moins bien dotés absorbent plus difficilement ces surcharges, ce qui signifie que l’accès aux essais cliniques dépend de plus en plus de la géographie et des ressources locales. Dans un pays où la réussite de nombreux essais repose sur une vaste collaboration multisite, le cadre final devra éliminer les fardeaux superflus et favoriser une participation plus équitable entre les établissements et les régions.
Des discussions récentes avec des partenaires de l’industrie, notamment Médicaments novateurs Canada, ont confirmé l’importance d’un cadre qui soutient l’activité d’essai clinique au Canada, élargit l’accès des patients et consolide la position du Canada comme destination de choix pour la recherche clinique. Ces partenaires ont souligné la nécessité d’un parcours plus efficace et prévisible, depuis le dépôt de la demande d’essai clinique jusqu’à l’activation des sites et au recrutement des patients, précisant que les retards à n’importe quelle étape de ce continuum peuvent nuire à la faisabilité de l’essai et influencer les décisions des promoteurs quant au choix des lieux d’essai. Bien que le cadre proposé introduise de nouveaux outils et de la flexibilité, il n’apporte pas encore une clarté suffisante permettant de garantir que ces mesures allégeront la charge de travail ou amélioreront la prévisibilité sur le terrain. La prolongation des délais d’examen, l’étendue des pouvoirs discrétionnaires et la fragmentation continue selon le type de produit menacent d’entretenir l’incertitude au lieu de fluidifier la réalisation des essais. Les membres ont par ailleurs rappelé que la modernisation doit impérativement se concrétiser par des démarrages plus rapides, une inscription plus diligente des patients et des conditions d’exécution viables d’un site à l’autre.
Les changements proposés sont loin de répondre aux exigences nécessaires pour moderniser en profondeur le cadre des essais cliniques au Canada et risquent plutôt d’accroître les complexités réglementaires à un moment où le gouvernement s’est engagé à alléger les lourdeurs administratives. Les recommandations présentées par RareKids-CAN/SickKids font écho aux commentaires des membres de SoinsSantéCAN et du secteur. SoinsSantéCAN exhorte donc Santé Canada à renforcer son projet de règlement dans les secteurs clés suivants :
PUBLIÉ
avril 2026
POUR PLUS D’INFORMATIONS
Annie Barrette
Vice présidente, Affaires extérieures
abarrette@healthcarecan.ca