L’approche « d’ouverture » est présentée à la Conférence nationale sur le leadership en santé, les 15 et 16 juin 2015, à Charlottetown, Î.-P.-É.
Le 16 juin 2015 (Charlottetown, Î.-P.-É.) – Un nouveau modèle de prestation des services en santé mentale qui empêche les adolescents de passer à travers les mailles du filet a été présenté aujourd’hui à la Conférence nationale sur le leadership en santé (CNLS) qui se tient à Charlottetown, Î.-P.-É. Ce programme du Centre des sciences de la santé mentale Ontario Shores a considérablement réduit les temps d’attente, amélioré l’accès, diminué la durée des séjours et renforcé la participation des familles.
« Le système fonctionne généralement en silos », explique Cynthia Weaver, directrice administrative du Centre des sciences de la santé mentale Ontario Shores situé à Whitby, en Ontario. « Les parents racontent parfois leur histoire six ou sept fois. Or, il ne devrait pas en être ainsi. Une fois entrés dans le système, les parents devraient avoir un prestataire de services qui les suit pendant tout le traitement. Le service devrait être adapté à la famille, et pas l’inverse. »
Les résultats ont été présentés à la Conférence nationale sur le leadership en santé organisée conjointement par SoinsSantéCAN et le Collège canadien des leaders en santé. La CNLS accueille plus de 700 leaders en santé des quatre coins du pays. Les discours liminaires et les diverses présentations porteront principalement sur l’amélioration du système de santé du Canada.
Le programme d’Ontario Shores qui s’adresse à des patients de 12 à 18 ans a réduit le délai médian de 46 jours pour le porter à 27 jours et a réduit la durée moyenne des séjours qui était presque de cinq mois (141,5 jours) à un peu moins de trois mois (89 jours). Une équipe interprofessionnelle assume une responsabilité partagée de la prestation de services d’évaluation, de consultation, de stabilisation et de traitement et transition. Ainsi, les adolescents reçoivent des soins plus exhaustifs et atteignent un plus haut niveau de bien-être avant d’être réintégrés dans leurs collectivités.
Avant de renouveler son programme, la durée des séjours des adolescents dans le centre Ontario Shores pouvait être d’un an. Les adolescents restaient souvent hospitalisés pendant toute l’année scolaire, même si des éléments probants laissaient croire que des séjours intensifs de plus courte durée donnaient de meilleurs résultats.
« Les taux de visites à l’urgence des jeunes atteints de troubles mentaux ont augmenté de 45 % depuis 2006, en partie à cause de la difficulté d’obtenir du soutien communautaire », a déclaré Bill Tholl, président et chef de la direction de SoinsSantéCAN. « Les services de santé mentale aux adolescents sont sous-financés et ils sont inefficaces. Chaque intervenant du système fait de son mieux, mais les services ne sont pas intégrés. Les parents doivent souvent se démener à plein temps juste pour trouver les bonnes ressources parmi la quantité d’agences communautaires et de centres de traitement. Le gouvernement fédéral doit faire de la santé mentale – des jeunes, et de toute la population – une priorité. »
« Les parents disent qu’il est difficile de naviguer dans le système de santé mentale », dit pour sa part Sheila Neuburger, vice-présidente administrative des services cliniques à Ontario Shores. « Nous avons besoin d’un système mieux coordonné pour que les services prodigués à l’enfant le soient dans un continuum uniforme. »
Ontario Shores a créé une unité d’évaluation, de stabilisation et de traitement de 12 lits pour les cas de maladie mentale complexes. Le personnel est formé de professionnels issus des disciplines nécessaires pour répondre à tous les besoins de traitement. Ontario Shores organise des téléconférences hebdomadaires qui visent à inclure les familles dans le processus d’examen et de planification. Pour l’organisme, il s’agit d’un volet important des soins.
Les adolescents et les jeunes adultes sont très vulnérables par rapport à la maladie mentale et ils courent également le risque de ne pas recevoir de traitement en temps voulu, voire même de ne recevoir aucun traitement. Selon l’Institut canadien d’information sur la santé (ICIS), 6 000 adolescents attendront plus d’un an avant de recevoir des services en santé mentale. L’Association canadienne pour la santé mentale souligne pour sa part que 10 à 20 % des jeunes canadiens sont touchés par une maladie ou un trouble mental et que seulement un jeune sur cinq, parmi ceux qui ont besoin de services en santé mentale, reçoit de tels services.
QUE PENSENT LES CANADIENS?
Selon un récent sondage réalisé par Ipsos Reid (mai 2015) pour SoinsSantéCAN, 90 % des Canadiens disent qu’il faut en faire plus pour améliorer la qualité et l’accessibilité des soins en santé mentale au Canada. Ce qui est peut-être encore plus révélateur, c’est que 59 % des répondants admettent avoir des facteurs qui les exposent à un risque modéré (26 %) ou élevé (33 %) et 30 % soulignent qu’ils ont dû s’absenter (du travail ou de l’école ou rater des événements familiaux) en raison d’un problème de santé mentale.
Par ailleurs, 45 % des Canadiens ont l’impression qu’il n’y a pas de soins de qualité en santé mentale dans leur région.
APPEL À L’ACTION
La santé mentale est également à l’ordre du jour du Grand débat sur les soins de santé au Canada de la CNLS. Ce forum unique offre aux leaders en santé l’occasion d’adopter des résolutions visant à aider les décideurs à relever les principaux défis des soins de santé.
Une résolution présentée par Louise Bradley, présidente-directrice générale de la Commission de la santé mentale du Canada, propose une hausse majeure du financement des soins en santé mentale. Mme Bradley a réitéré l’appel lancé dans Changer les orientations, changer des vies : Stratégie en matière de santé mentale pour le Canada, qui préconise une augmentation proportionnelle des budgets alloués à la santé mentale au Canada de 2 %, passant ainsi de 7 % actuellement à un objectif de 9 %, au cours des 10 prochaines années.
Présentée par SoinsSantéCAN et le Collège canadien des leaders en santé, la Conférence nationale sur le leadership en santé accueille plus de 700 leaders en santé des quatre coins du pays. Les discours liminaires et les diverses présentations porteront principalement sur la stimulation d’une culture de l’engagement, de l’innovation et de l’amélioration du système de soins de santé au Canada. Le Grand débat sur les soins de santé au Canada est un forum unique qui donne aux leaders en santé l’occasion d’adopter des résolutions visant à aider les décideurs à relever les principaux défis des soins de santé auxquels est confronté le Canada. La conférence se déroule les 15 et 16 juin, à Charlottetown, Î.-P.-É.
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